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grandprixhistorique.com :
Pouvez vous vous présenter brièvement pour nos lecteurs ?

Frédérick Bernal :
Je suis âgé de 30 ans et réside à Pau. Je suis commissaire de piste depuis 2003, stagiaire la première année et commissaire à part entière depuis le début de saison 2004. J'interviens sur tout type d'évènements que ce soit le 4x4, les rallyes ou les runs mais ma préférence va sans hésitation au circuit. Par conséquent, l'essentiel de mon activité se déroule sur circuit. Je suis intervenu sur certaines des pistes accueillant la Super Série FFSA (Pau et Albi notamment). Je fais également partie de l'équipe paloise qui se rend au Mans pour les 24 heures à la mi-juin (nous sommes postés au virage du Tertre Rouge, juste avant l'attaque de la mythique ligne droite des Hunaudières).


En bord de piste il faut rester attentif...

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Pourriez vous nous expliquer quel est le rôle, quelles sont les
missions et les responsabilités d'un commissaire de piste ?

Frédérick Bernal :
Les commissaires de pistes ont plusieurs rôles à jouer.
Ils doivent effectuer des opérations de signalisation à l'attention des pilotes (par exemple en utilisant le drapeau jaune pour indiquer aux compétiteurs un danger sur ou en bord de piste -une voiture accidentée par exemple- ou en brandissant le drapeau bleu à un retardataire pour lui indiquer l'arrivée à ses trousses d'un concurrent plus rapide prêt à le dépasser en essais ou à lui prendre un tour en course).
Mais notre rôle consiste également en des interventions sur la piste pour sécuriser celle-ci. Cela peut être pour pousser une voiture située dans un endroit dangereux après une sortie de route ou pour tout simplement dégager une automobile suite à un abandon dans un point dangereux du circuit. Nous intervenons également pour traiter la piste lorsqu'une voiture perd de l'huile par exemple. Avec du produit absorbant, nous nettoyons la piste afin de la rendre sûre à l'usage des compétiteurs.



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Comment devient-on commissaire de piste ? Quelles sont les qualités
nécessaires ? Les contraintes ? A qui s'adresser si on souhaite le devenir ?


Les commissaires de piste sont
garants de la sécurité.

Frédérick Bernal :
On devient commissaire de piste avant tout par passion. Peu de gens savent en effet que notre activité est totalement bénévole. Pour être commissaire, il faut s'adresser à l'automobile club le plus proche de son domicile (ici, l'Automobile club Basco-Béarnais situé Boulevard Aragon à Pau). Le candidat est ensuite convoqué pour une journée de formation obligatoire qui débouche sur la possibilité d'acquérir une licence de commissaire-stagiaire. L'année de stage est destinée à l'apprentissage du travail de commissaire, notamment par l'observation des personnes expérimentées. Les stagiaires peuvent faire de la signalisation mais ne sont normalement pas autorisés par leur chef de poste à intervenir sur la piste.
Les qualités nécessaires pour un commissaire sont multiples mais pour n'en retenir que deux, je dirais la " vista ", celle qui va vous permettre de signaler au plus vite par les drapeaux adéquats, et la réactivité, lorsque l'urgence de la situation implique une intervention rapide pour sécuriser la piste. La contrainte principale, c'est bien évidemment le danger de notre activité. Lorsque nous intervenons sur la piste, la course continue et il existe toujours le danger d'être percuté par un concurrent arrivant sur les lieux de l'incident. D'autres risques sont à relever. Par exemple, j'ai moi-même été victime il y a quelques semaines d'un accident, percuté à la tête par une roue qui s'est détachée d'une voiture. J'ai subi un traumatisme crânien et de multiples autres blessures et la convalescence a été assez longue. Elle m'a empêché d'être au Mans cette année, et probablement que ma saison 2005 est terminée. Je reprendrai avec encore plus d'enthousiasme en 2006 !


Piste glissante

Fin du danger



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Parmi toutes les compétitions que vous avez couvert, qu'est ce qui vous a le plus impressionné et marqué, pourquoi ?

Frédérick Bernal :
De toutes les compétitions que j'ai pu suivre de l'intérieur, il y a deux souvenirs majeurs qui m'ont impressionné et marqué. Le premier remonte à mes premières 24 heures du Mans en 2003. A une demi-heure du départ, j'étais dans les stands et je pouvais même prendre des photos avec certains pilotes !! J'avais la chance de ne pas être en poste au moment du départ (aux 24 heures, notre poste fonctionne avec 3 équipes et nous nous relayons) donc j'ai pu aller dans les stands et suivre le départ au plus près de la grille). Le deuxième remonte au Grand Prix de France de Formule 1, toujours en 2003, où je n'officiais pas (pas de stagiaire en F1 !) mais où ma licence m'a permis de passer dans le motor-home après la course. J'ai eu alors la chance d'échanger quelques mots avec le pilote que j'admire le plus depuis ses débuts fin 1991, Michael SCHUMACHER.



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D'une manière générale, comment se passe un briefing d'avant course ? Existe t'il des consignes particulières pour Pau ?

Frédérick Bernal :
Un briefing d'avant course se déroule en général très tôt le matin (entre 6h30 et 7h). Nous sommes convoqués par la direction de course qui nous donne des indications d'ordre général sur la conduite à tenir pendant le week-end. Ensuite, chaque chef de poste (qui a participé à un briefing spécial avec la direction de course) nous donne des indications plus précises en fonction du poste que l'on va occuper. Pour être explicite, prenons l'exemple du virage de la Gare, poste sur lequel j'officie pendant le Grand Prix contemporain. L'une de ses particularités est que les concurrents sortant des stands déboulent sur la piste quelques mètres seulement avant le fameux virage. Nous devons donc signaler aux concurrents sortant des stands l'arrivée d'autres pilotes lancés. Nous utilisons donc le drapeau bleu : le concurrent sortant des stands doit laisser le champ libre au concurrent lancé.
Concernant les consignes particulières à Pau, je dirais qu'il s'agit plus de recommandations, eu égard au danger existant en raison de l'étroitesse de la piste. Par exemple, la vigilance doit être encore plus grande en intervention que sur un circuit classique (cela ne signifie pas pour autant que les interventions sont forcément aisées sur un circuit classique).


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Bien souvent, les commissaires sont postés a un endroit particulier du circuit, comment êtes vous informé d'un incident et de la conduite à tenir ? Comment fonctionne un poste ?

Frédérick Bernal :
Un incident survenu sur un autre secteur du circuit que notre poste nous est communiqué par notre chef de poste. Si l'incident est important, voire grave, le chef recevra des indications de la direction de course qui, par exemple, pourra décider du lancement de la voiture de sécurité en piste, ou de l'interruption pure et simple de l'épreuve.
Dans le premier cas, le chef de poste nous demande d'agiter le drapeau jaune et de présenter le panneau " SC " pour Safety Car. Dans le second cas, il nous demande immédiatement de brandir le drapeau rouge.
Le poste fonctionne avec un chef assisté d'un ou de plusieurs adjoints selon les épreuves (et le nombre de commissaires disponibles également). Ensuite, chaque commissaire a un rôle spécifique pendant la séance d'essais ou la course. Par exemple, le préposé au drapeau jaune ne s'occupera pas du drapeau bleu. Autre exemple, des commissaires chargés de la signalisation n'interviendront pas sur la piste sauf si le besoin est manifeste et que par exemple la course est arrêtée (dans un tel cas, le préposé au drapeau bleu n'a plus aucun rôle à jouer, il portera donc assistance à ses collègues chargés de l'intervention). Et pendant un week-end chargé comme celui du GP de Pau, il y a des rotations : une course ou une séance d'essais en intervention, la suivante en signalisation.


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La sécurité est un problème qui revient souvent à Pau. Existe t'il des
endroits vraiment "chauds" sur le circuit ? Que pensez vous de l'avenir du tracé par rapport aux compétitions modernes actuelles et à venir (F3 Euroseries, Endurance GT, Eventuelle venue du DTM, etc...) ?

Frédérick Bernal :
Je serais tenté de dire que le circuit de Pau est composé d'une succession de points chauds !! Le virage de la Gare, le Pont Oscar, le Lycée, Foch, …, tous les endroits représentent un réel défi pour les pilotes…mais aussi pour les commissaires !!
L'avenir du tracé par rapport aux compétitions modernes passe à mon sens par une optimisation de la sécurité : le circuit devra certainement faire l'objet d'aménagements successifs (exemple, la mise en place de grillages de protection pour le public…et les commissaires !!), et être agrandi pour accueillir des épreuves aussi prestigieuses que le DTM. Mais l'agrandissement d'une piste obéit à une procédure administrative extrêmement complexe… Souhaitons que Pau, bénéficiant de son statut de seule ville accueillant des compétitions automobiles en France, aura plus de chance qu'Avignon qui s'est vue refuser l'organisation d'une manche du championnat DTM ces derniers mois.



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Quel souvenir gardez vous de l'édition 2005 du Grand prix de Pau
Historique ? Quelle est l'épreuve qui vous a le plus plu ? pourquoi ?

Frédérick Bernal :
L'édition 2005 me laisse un goût amer étant entendu que j'ai été sérieusement blessé à la tête et au bras par une roue baladeuse au bout d'une heure de compétition dès le samedi matin. Je n'ai donc pas pu profiter du spectacle. Alors je reste sur le souvenir de 2004 avec notamment les F 1 (c'est ma catégorie préférée) de Jackie STEWART, Ronnie PETERSON et François CEVERT. Etant un passionné d'aérodynamique, j'ai pu ainsi mesurer tout le travail accompli depuis plus de 30 ans sur ces automobiles exceptionnelles que sont les F1 !

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Quelles voitures rêveriez vous de voir tourner dans les rues de Pau ?

Frédérick Bernal :
Comme je le signalais plus tôt, je suis passionné par la Formule 1. Et je suis " Ferrariste " depuis mon enfance. J'ai donc un rêve : voir un jour dans les rues de Pau la Ferrari 312 T numéro 12 avec laquelle Niki LAUDA a été sacré Champion du monde en 1975 (mon année de naissance). Cette voiture est mythique, ainsi que le pilote qui la conduisait. J'ai croisé Niki LAUDA l'année passée sur le circuit de Magny-Cours à l'occasion du GP de France de F 1 et c'est toujours avec une pointe d'émotion que je vois ce champion hors normes. Je pense que ce serait fabuleux de lui soumettre l'idée de venir conduire sa Ferrari 312 T dans les rues de Pau, non ?

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Souhaitez-vous avoir l'occasion de revenir à Pau ?

Frédérick Bernal : Oui, parce que j'aime ce circuit fantastique et aussi parce que j'ai le souvenir récent d'une grosse blessure que je dois exorciser ! Donc vive Pau et son circuit magique et à l'année prochaine !!!!



Nous tenons à remercier très chaleureusement Frédérick qui s'est livré à cet exercice avec enthousiasme et professionnalisme.

Merci et à bientôt sur les circuits.


 

 


Danger

Un concurrent vous double


Ici un commissaire signale un tête à
queue au virage de la statue Foch
.



Arrêt immédiat de la course


Arrêt immédiat du concurrent désigné


Véhicule de secours sur la piste


Fin de la course


Un commissaire derrière les grilles
de protection installées en 2005
le long des stands.

   

 

 
Interview de Frédérick Bernal, commissaire de piste


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